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Mercredi matin, tarissement d’Elite, accompagnée au pré à pied par le chemin du halage. Elle rejoint les génisses au Perthuis pour deux mois de pâturage, jusqu’au vêlage prévu le 30 juin, 288 jours après l’insémination.

Hier après-midi, écornage des deux dernières petites génisses.

Coincées dans les cornadis, injection d’anesthésiant, coupe des poils pour dégager les cornillons, brûlure au fer électrique et désinfection.

Nous faisons le boulot à deux, ça ne dure qu’une demi-heure, mais ça nous plombe la journée.

Nous détestons « martyriser » les bêtes.

Un jour, peut-être, nous cesserons d’écorner les veaux.

Bon heureusement la réunion à la chambre d’agriculture sur la nouvelle PAC va nous rebooster.

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Dans l'ordre d'exécution

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mardi 28 avril

Jour de l’ouverture

Il faut y aller car on sait que la fermeture est le 9 juin, il n’y a donc pas de temps à perdre.

Les années précédentes et depuis 1992, la campagne commençait au 1er avril pour se terminer le 15 mai. Vous vous demandez sans doute de quoi je veux parler, pas de la chasse ni des impôts, c’est l’ouverture de la déclaration PAC.

Elle ne s’effectue plus que par internet maintenant, ceux qui ne sont pas équipés sont invités à se tourner vers les organismes agricoles : chambre d’agriculture, D D T, syndicats etc…..

D’ailleurs, j’ai acheté mon premier ordinateur en 2007 pour cette occasion car l’année d’avant, j’étais allé chez mon voisin pour la déclaration.

Nous allons y passer beaucoup de temps et en particulier cette année car s’ajoutent de petits suppléments

-à causes de pénalités subies par la France ,nos surfaces cultivables sont réduites, donc les champs plus petits, donc une correction des contours des parcelles à la baisse

-obligation de déclarer des Surfaces d’Intérêt Ecologique de 4 ou 5 %(je ne sais pas encore, mais j’apprends vite) et notamment de prévoir des cultures, qu’on ne récoltera pas, à semer entre deux récoltes qu’on récoltera (un mélange de 2 espèces de graines)

- pour les volontaires, dont nous serons peut-être, les Mesures Agro Environnementales et Climatiques qu’on nous présentera en détail mercredi 29 avril

-le reste, on connaît : les champs, les cultures, les animaux, les personnes, le pourcentage de chacun dans la société etc……

Pendant un mois nous devenons fonctionnaires !

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lundi 27 avril

Du nombril au roulement

La journée commence à 4 heures en laiterie car il faut jongler entre les enfants en vacances et l'accueil à la ferme de 10 h à 12 h.

L'élevage commence à 6 h 30 . Le veau, debout et encore humide, sans doute né vers 5 h 30. Désinfectant sur le nombril, c’est un mâle, je le guide ensuite vers la tétine qui laisse couler le lait (colostrum). Il apprend vite, comme généralement les veaux qui naissent petits. Il n’aura pas de nom et sera identifié sous le numéro 8952885249.

Régate, la mère du veau a quinze ans, elle en est à son 12ème vêlage, soit un veau par an à partir de l’âge adulte de trois ans. Fille de Isangrin et de Lili qui avait déjà vécu plus de quinze ans chez nous, elle fait partie d’une famille qui vieillit bien.

Régate met bas en fin d’hiver, de janvier à avril, si bien que nous n’avons pas gardé de descendance car nous avons déjà suffisamment de femelles de renouvellement.

Je vends ses filles dans des élevages voisins que je connais et qui nous donnent des nouvelles. Sa 1ère fille notamment a été achetée par un éleveur laitier de vaches Primholstein pour les 20 ans de son fils : Bovilie qui, comme sa mère, est gourmande de petit lait (lactosérum). Première Montbéliarde dans ce troupeau, elle est initiatrice de ce qui semble être une reconversion au bénéfice de la pie-rouge.

Sinon, la matinée sera consacrée à la remise en état de l’ensileuse que nous rentrons à la ferme de manière à travailler à l’abri de la pluie qui n’arrête pas.

Il faut remplacer le roulement du rotor qui est mort. Il faut aussi meuler le contre couteau endommagé.

Nous sommes deux, nous avons le temps pour faire le boulot et le concessionnaire installé au village peut nous fournir un roulement neuf du même modèle : tout va bien.

Et comme on devrait pouvoir se faire rembourser les frais de réparation par l’intermédiaire de mon frangin, travaillant à la SNCF responsable du sinistre………………………

Non, là je rêve !

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dimanche 26 avril

Clin d’œil

Aujourd’hui, l’orge d’hiver atteint son stade de croissance : sortie des barbes.

La dernière feuille déployée, les barbes annonciatrices des grains sortent de leur gaine. Bientôt, l’épi ne sera plus protégé, soumis au vent, à la pluie, il devient sensible aux spores de champignons porteurs de maladies qui sont déjà présents sur le feuillage.

C’est à ce stade, sortie des barbes, vous dis-je, très connu des techniciens en protection végétale, qu’on applique le fongicide.

L’orge arrivera à maturité pour la récolte dans deux mois.

C’est aussi un clin d’œil pour qui nous connaît...

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 le stade sortie des barbes 

le stade sortie des barbes est dépassé, chez un voisin

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Samedi 25 avril

Manger une souche

La crainte tant redoutée vient de se réaliser: panne d’ensileuse.

Sans doute pas assez vigilant, coupant trop bas, l’ensileuse a mangé une souche.

En passant dans le rotor celle-ci a tordu le contre couteau sur lequel vient maintenant cogner la cuillère qui coupe et projette l’herbe dans la goulotte.

J’ai suffisamment d’herbe pour les vaches mais il faut réparer pour demain, seul, car c’est le WE donc effectif réduit.

- Apporter le groupe électrogène au champ avec la bennette

-La fourche du tracteur pour basculer la goulotte afin de dégager l’accès au rotor

-Coup de marteau, mécanique agricole oblige, meuler la barre qui fait office de contre couteau.

-Remontage

Nous verrons demain si la machine tourne bien...

Je peste contre la SNCF qui a fait broyer à ras du sol la haie le long de mon champ cet hiver avec un gros broyeur qui a fait des ornières et projeté des souches dans notre champ de luzerne.

C’est vraiment un saccage, alors que le long des routes on n'ose même plus broyer l’herbe pour préserver la biodiversité 

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vendredi 24 avril     

L’ensileuse

Entre nous, nous l’appelons ainsi, mais elle est communément appelée la Taarup et dans certaines régions c’est la girafe à cause de son grand cou.

C’est la machine qui dort dans le champ d’herbe du mois d’avril jusqu’au mois de novembre, date du passage à la ration hivernale pour les vaches. Elle sera alors nettoyée, graissée, révisée et remisée près du hangar.

En ce moment elle fait partie de notre quotidien et ne doit surtout pas nous lâcher. Mise en route doucement, avec précaution, si aucun bruit suspect ne se fait entendre, on peut mettre les gaz, il faut que le rotor tourne suffisamment vite pour que l’herbe s’éjecte de la goulotte jusque dans la remorque derrière.

Il ne faut pas que la machine tourne trop vite car dans ce cas l’herbe est hachée trop finement et perd de son appétence pour les vaches.

La vitesse de rotation s’affine avec la teneur en eau de l’herbe et plus elle sera humide plus il faudra tourner vite pour lui donner de l’élan à atteindre la remorque.

Son accrochage au tracteur n’est pas chose aisée, la difficulté étant de passer l’attelage du tracteur sous le bras latéral de la machine, opération qui se fait avec l’aide d’un petit rétroviseur installé pour cette fonction (à dessein ?).

C’est le casse-tête du stagiaire : l’ensileuse.

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Ma contribution à la journée mondiale de la terre

Le bousier

Les génisses sont au pré depuis plus d’un mois.

Il fait chaud.

L’herbe pousse.

Les insectes arrivent, mouches et bousiers approchent, au matin, une bouse refroidie de la veille (voir vidéo ci-dessous).

Dans quelques semaines, il ne restera plus rien, les bousiers auront digéré, cela permettra à l’herbe de repousser en se nourrissant des éléments fertilisants restés au sol.

Les génisses se nourriront de l’herbe fraîchement poussée et ainsi de suite……………… ; le cycle dans lequel le bousier fait sa part.

Evidemment on ne pense pas à lui quand on mange un yaourt...

mercredi 22 avril

Le bon rythme

Chaque jour je fais un aller-retour d’ensileuse dans le champ d’herbe situé au lieu-dit Pointes de Bruande.

Chaque jour, je récolte la même surface.

L’herbe ayant une croissance quotidienne, tous les jours la remorque est un peu plus remplie que la veille.

Les vaches ont chaque jour un peu plus d’herbe à consommer, elles ingèrent donc un peu moins de foin.

La flore intestinale des ruminants se modifie à fur et à mesure que la proportion des deux aliments s’inverse dans la panse.

Ainsi, en récoltant toujours la même surface, la transition alimentaire se fait suivant le rythme naturel de l’animal.

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mardi 21 avril

Communication

Les horaires d’ouverture de la laiterie sont élargis depuis un mois déjà. Cependant les clients historiques conservent leurs habitudes et passent majoritairement le lundi et le vendredi soir entre 17 h 30 et 18 h 30.

Lorsque Audrey a décidé d’ouvrir le magasin le matin de 10 h à 12 h, elle l’a fait savoir par affichage à la ferme, mais cela ne pouvait pas « toucher » une nouvelle clientèle ; il fallait sortir, le faire savoir à l’extérieur.
De nouveaux flyers ont été conçus et imprimés par une petite entreprise rurale voisine : ADN.

Les premiers flyers sont déposés chez les commerçants du village et au camping. Il faut maintenant faire du porte à porte pour les distribuer dans les boîtes aux lettres des villages alentour.

Après la campagne électorale du mois de mars, voici que débute notre campagne pour informer des nouveaux horaires d’ouverture de la fromagerie.

Un nouveau métier pour nous : la communication

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Lundi 20 avril

1er jour d’affouragement en herbe fraîche

Il y a un mois que les génisses sont au pré. L’animal qui récolte l’herbe à la langue peut commencer le pâturage dès que l’herbe mesure 3-4 cm de hauteur.

Pour l’ensileuse, il faut que l’herbe soit poussée d’une quinzaine de centimètres pour faire le travail dans des conditions acceptables. Il faut que les fléaux qui coupent la plante ne passent pas trop bas au risque de racler la terre ; les animaux n’aiment pas bien.

D’autant qu’il y a toujours un peu de souillures que les gouttes de pluie, en tombant au sol, projettent sur la base des tiges. Cette terre concentrée au pied des plantes est porteuse de spores butyriques qui finissent par se retrouver dans le lait.
Cette flore butyrique vient perturber les fermentations lactiques bénéfiques à l’élaboration des produits laitiers.

Il y a plusieurs mesures à mettre en place pour minimiser l’ensemencement aux spores butyriques (on parle de contamination).

1 Ne pas distribuer d’aliments fermentés comme les ensilages dans lesquels se multiplient les spores butyriques.

2 Ne pas couper l’herbe trop près du sol, tant pour l’affouragement en vert que pour faire sécher en foin.

3 Faire une bonne litière, que les pis n’arrivent pas trop souillés pour la traite.

4 Bien laver les pis avant la traite.

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jeudi 16 avril

GAEC et société

Dans l’Yonne, il y a 50 ans, naissait un des premiers GAEC de France : le GAEC de Chichery. Ce GAEC existe encore aujourd’hui, à huit associés. Quel chemin parcouru pour ces quatre hommes qui, en 1965, se sont engagés sur une voie qualifiée à l’époque de collectivisme… !

Quatre petites fermes se regroupaient pour construire une entité économique plus efficace pour répondre au défi de la réforme de la PAC (sous Mr Pisani en 1962) mais aussi pour améliorer leurs conditions de travail.

-Animés par des idéaux, ils ont su minimiser les convictions politiques, religieuses ou philosophiques de chacun, ils ont dû régler les relations humaines au quotidien dans le travail, passer outre les relations particulières qui ne manquent pas de se créer entre associés et remplacer les départs en retraite des anciens.

- Que jamais un nouvel arrivant ne vienne créer des tensions qui risquent d’enrayer la dynamique de l’exploitation.

-Arbitrer entre le collectif et le particulier, entre droits et devoirs de chaque associé … des questions à se poser quand on travaille dans un GAEC.

Un savant dosage et, obligatoirement, un équilibre à trouver.

Que les intérêts particuliers ne passent avant les intérêts du groupe, que chacun n’oublie ses devoirs, n’est- ce pas ainsi que doit fonctionner une société ?

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Vous pouvez réagir       gaecdurelais.vincelles@orange.fr        

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Zéro pâturage

(De la bouse de vache au ralentisseur)

Il y a bien longtemps que les vaches en lactation ne sortent plus au pré.

Jadis, elles faisaient le trajet de l’étable au pâturage, un bon kilomètre, deux fois par jour. Départ après la traite du matin et retour pour la traite du soir à 17 h, elles passaient la nuit à l’étable. Le troupeau empruntait, sur 600 mètres, la route principale du village.

Le village s’est développé au rythme de l’implantation des lotissements, des artisans et des commerces, qui ont fait le dynamisme de la commune, devenue aujourd’hui, référent aux élections départementales. L’activité s’est accompagnée de l’augmentation de la circulation sur la route principale. Pour limiter la vitesse des véhicules, il a fallu installer des ralentisseurs ou “gendarmes couchés”.

Lorsque le troupeau prenait cette route, il faisait office de ralentisseur, certains animaux préférant marcher au milieu de la chaussée tardaient à se garer. La réglementation voulait que deux personnes équipées d’un petit drapeau rouge guident les bêtes, à chaque sortie. Habituées, les vaches connaissant bien le parcours, une seule personne suivait pour encourager les plus lentes, souvent les “mauvaises pattes”.

Il est arrivé que les motards entrent à la ferme pour verbaliser le manque d’accompagnement. Il est arrivé également que les gendarmes viennent « avertir » de notre responsabilité en cas d’accident causé par les bouses de vaches sur la voie publique. Ces tracasseries de la maréchaussée, ainsi que l’augmentation de la circulation ont été déterminantes, et nous avons arrêté de conduire les laitières au pâturage.

Voila plus de trente cinq ans qu’à la belle saison, chaque matin, nous allons couper l’herbe pour les vaches restées à la ferme. Nous pratiquons le “zéro-pâturage”...

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lundi 13 avril

Le laitier

Le camion de ramassage laitier continue de passer à la ferme pour pomper le lait non utilisé dans notre laiterie. Régulièrement, tous les trois jours, pas de dimanche, pas de jours fériés ni barrière de dégel, c’est dire la priorité accordée à ces véhicules

Nous sommes associés-coopérateurs de SODIAAL la 1ère coopérative laitière française.

Une usine YOPLAIT est située à 15 kms et le camion passe devant la ferme pour collecter une exploitation de 180 vaches distantes de 3 kms.

Tant qu’il en sera ainsi, la coop continuera de collecter nos petits volumes de lait.

Le week-end, il est intéressant pour nous de limiter les travaux d’astreinte à l’élevage, ne pas faire fonctionner la laiterie et mettre le lait pour le camion du laitier, cela permet de faire le boulot à une seule personne.

Notre qualité de vie en dépend pour l’instant.

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Sisto

Je suis né, il y a plus d’un demi-siècle dans la ferme où je travaille aujourd’hui.

Dans cette ferme vivaient quatre générations :

-arrière- grands-parents qui ont acheté la ferme en 1921 et dont je ne garde pas de souvenir

-grands-parents, surtout grand-mère qui s’occupait de faire à manger

-les parents, au boulot

-les cinq enfants

Et puis il y avait Sisto, le commis espagnol qui faisait partie de la famille.

Réfugiés espagnols, ils étaient plusieurs arrivés dans la région juste avant la guerre. Sisto Montoléo vint à la ferme et ne la quittera plus. Il ne conduisait pas le tracteur mais faisait tous les travaux manuels, surtout la réparation des vieux outils qu’on usait jusqu’à la corde, fabriquait les balais et les manches de fourche.

Né dans un petit village de la région de Teruel, analphabète, un état civil incertain, il n’a jamais maîtrisé le « francès » .  Me caga en dios  était son juron. Il n’avait pas d’anniversaire, il ne votait pas et ne mettait pas les pieds à l’église. Je ne me souviens pas l’avoir jamais entendu émettre un avis d’ordre politique. Sa chambre, située de l’autre côté de la laiterie n’était pas accessible depuis la salle commune (salle à manger, cuisine).Il avait sa place en bout de table et s’octroyait une sortie le dimanche après-midi pour visiter ses « compañeros ». Il s’éteindra dans son lit en 1981, à l’âge de 80 ans environ, il est enterré dans le cimetière du village et aujourd’hui un énorme cyprès planté sur sa tombe se montre envahissant.

Sa seule famille, une sœur, Adela, s’était installée à Barcelone à sa retraite après avoir occupé un emploi dans une maison bourgeoise à Paris. Au début des années 60, elle avait séjourné plusieurs semaines à la ferme, le temps d’obtenir son permis de séjour.

Sisto n’a jamais envisagé de remettre les pieds sur le sol natal, même après la mort de Franco en 1976.

Je comprends mieux cet homme, surtout son refus de mettre un pied dans une église, depuis que j’ai lu le dernier prix Goncourt : “Pas pleurer” de Lydie Salvayre. L’auteur raconte à travers sa famille, les évènements de 36 en Espagne qui se termineront dans le sang sous le joug des nationalistes qui ont commis des horreurs avec la bénédiction de l’Eglise.

Toujours se méfier des nationalistes...

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Mercredi 8 avril

De l’hirondelle au colibri

Ce matin est arrivée la première hirondelle.

Voir ces oiseaux migrateurs revenir chez nous pour nicher et se reproduire signifie qu’ils trouvent suffisamment de nourriture et d’endroits pour construire leur nid.

-Pour la nourriture, mouches et moucherons font l’affaire, ils se développent à la belle saison autour des déjections des animaux.

-Pour la nidification, solives et planchers de vieilles granges et écuries restées ouvertes d’avril à octobre font l’affaire.

Ainsi, le maintien d’élevages traditionnels dans des bâtiments anciens, la culture de prairies contribuent au retour des hirondelles en ce début avril.

Chacun a un rôle à jouer pour conserver cet équilibre.

Nous, producteurs, avons fait notre choix.

Consommateurs, chacun à son niveau, est-il possible d’agir ? Soyons le colibri du conte !

Voir la légende du colibri récemment popularisée par Pierre Rabhi.

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mardi 7 avril

Travail en commun

Le GAEC du Relais exploite 228 ha.

Déduit des surfaces fourragères, nous emblavons entre 180 et 190 ha/an de blé, orge, avoine, colza, pois, prairie.

Avec une exploitation voisine, un GAEC à deux associés, nous sommes organisés pour partager le matériel, l’assolement et le travail.

Par choix, par affinité ou par habitude, chacun des associés s’est spécialisé dans une tâche : l’un pour la préparation des terres, la surveillance des cultures, la récolte des grains et l’entretien du matériel, l’autre prend à sa charge les semis, la récolte de la paille et du foin, l’enregistrement et la déclaration PAC, l’affouragement, tandis que le troisième effectue la traite et la transformation du lait.

Lorsque nous intervenons dans les champs à plusieurs, le travail s’enchaîne de manière redoutablement efficace.

Chacun a la responsabilité de tenir sa place pour assurer la solidité de cette chaîne dont dépend la réussite pour les deux fermes.

Veiller à maintenir un équilibre du travail en commun est une exigence si nous voulons continuer à bénéficier de cette entraide.

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Je lis le livre que Laurence De Cambronne consacre à Mme De Staël où elle imagine 24 journées de la vie de cette femme de lettres, intellectuelle et européenne.

Je retiens particulièrement la journée du 23 mai 1806 pour son séjour au château de Vincelles alors propriété de Mr Biderman banquier suisse, ami de son père Necker. Celui-ci, situé à 42 lieux de Paris, respecte l’interdiction que NAPOLEON a assignée à la grande dame de ne pas approcher à moins de 40 lieues de la capitale. L’empereur ne peut supporter la propagation d’idées républicaines lors de dîners qu’elle organise chez elle.

Mme De Staël est accompagnée de Mr Schlegel, précepteur d’origine allemande, chargé de l’éducation de deux de ses enfants qui l’accompagnent à Vincelles.

L’auteure imagine, à l’occasion de la visite de Mme Récamier, son amie de cœur, la promenade après le petit déjeuner, sur le chemin du halage au bord de l’Yonne, le long de la propriété Biderman. Le château et la ferme de la Renaissance ne font qu’un, la séparation se fera plus tard à l’occasion d’un héritage qui partagera les biens entre deux enfants.

Ce chemin de halage est celui que j’emprunte lorsque nous déplaçons les vaches de la ferme au pré à la belle saison.

Imprégné de cette lecture, je ne manquerai pas, maintenant, de penser à cette balade de Mme Récamier et de Germaine De Staël en 1806.

Pour l’anecdote, la neige est tombée le 14 mai de cette année-là à Vincelles. J’aime bien lorsque les correspondances permettaient d’échanger des informations d’ordre climatique ; cela permet souvent de relativiser les conditions météorologiques que certains qualifient d’exceptionnelles !

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La PAC ( Politique agricole commune )

1er avril 2015, une nouvelle phase de la PAC réoriente les aides jusqu’en 2020 vers les éleveurs et les petites fermes.

Les grosses structures céréalières de ma région seront mises à contribution.

Pour notre exploitation peu de changement envisagé : baisse des Droits à Paiements de Bases compensés par la surprime aux 52 premiers hectares pour les trois exploitants.

L’agriculture, mon quotidien, est régie par la Politique Agricole Commune qui doit rester l’expression de la société civile européenne et donc LA VOTRE.

Au cinéma en ce moment, le documentaire d’Arnaud BRUGIER, réussit à poser le débat dans la sphère publique et tente cette réappropriation de la question agricole qui n’est pas si compliquée que le laissent penser certains spécialistes. Le réalisateur, géographe de formation, connait parfaitement le sujet et présente avec respect les agriculteurs dans leur diversité.

A voir à l’occasion: les petits gars de la campagne d’Arnaud BRUGIER.

INSEMINATION

Pour les 25 animaux à accoupler (vaches et génisses), nous choisissons une douzaine de pères différents qui donneront naissance à des filles corrigées des défauts de leurs mères. Ayant identifié les faiblesses d’une vache, nous l’accouplons avec un père améliorateur sur ces mêmes critères.

Par exemple, une vache qui a un pis qui traine par terre sera accouplée à un père dont les filles sont connues pour avoir des mamelles peu volumineuses. Même résonnement pour les critères morphologiques, aplombs, facilité de vêlage tempérament, fertilité, résistance aux mammites et bien sûr qualité du lait.

La conservation des doses de sperme congelée et la mise en place dans l’utérus de la vache quand nous la détectons en chaleur est effectuée par la CECNA. Coopérative d’insémination basée à Migennes, je tire un grand coup de chapeau aux inséminateurs qui nous assurent un service tous les jours de l’année à l’exception de 5 jours fériés. Il faut passer un coup de fil avant onze heure, huit heure, les dimanches et jours fériés

La race Montbéliarde est arrivée en 1980 sur l’exploitation des parents. A cette date, nous avons dû faire face à l’abattage total du troupeau qui faisait suite à la décision des autorités sanitaires de ne plus avoir un seul animal réagissant positivement à la brucellose.

Le cheptel de Primholstein, bon producteur laitier, avait en revanche un bien faible valorisation en viande de boucherie, poids peu élevé conjugué à un prix au kilo faible. D’où une perte économique importante.

En réaction à ce traumatisme, j’ai convaincu mes parents de changer de race pour la Montbéliarde, plus mixte (lait-viande).Le délai de vide sanitaire passé, nous sommes allés choisir les 12 premières vaches dans des élevages du Doubs, berceau de la race.

La sélection génétique et l’élevage des meilleurs taureaux s’effectue à Ceyzériat 01 ,la robe pie-rouge, la tête blanche , une ou deux lunettes tolérées , la richesse du lait en Kappa caséine qui permet la transformation de celui-ci en fromage. Le sperme de ces élites est prélevé, congelé puis conservé dans une bobonne d’azote liquide.

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Curage

Après la sortie des animaux au pré, il faut curer la stabulation.

Sortir le fumier pour vider les écuries et le mettre en tas dans un champ. Toutes nos parcelles de terre sont emblavées, il faudra attendre que les récoltes soient réalisées pour pouvoir épandre les fumiers, soit après le mois de juillet.

Deux écuries dans le bâtiment ancien seront lavées à la pression et resteront libres jusqu’à l’automne.

Onze bêtes dehors. Restent à la ferme :

-18 vaches laitières sous la stabulation que l’on trait 2 fois par jour. Elles continuent de manger du foin, jusqu’au 20 avril, ensuite, nous leur apporterons de l’herbe

-3 génisses que nous attendons d’inséminer, que nous sortirons au mois de juin

-6 génisses de 6 mois qui ne sortiront à l’herbe que dans 1 an.

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SORTIE AU PRE

Ça y est , nous y voilà : le jour tant attendu de la sortie au pré !

Les clôtures sont révisées depuis plus de 15 jours, la petite pluie d'hier a mis fin à la longue période sèche qui a retardé la pousse d'herbe,dans les prés du Perthuis, situés entre le canal et la rivière.

Nous décidons de sortir les bêtes qui se sont remises de la grippe et qui ont fait leur cure de vitamines.

-En premier,nous chargeons les 3 vaches taries qui elles, connaissent bien la manœuvre et « parfumeront » la bétaillère, ce qui aidera bien pour les plus jeunes qui n' osent pas monter dans le camion.

-Le deuxième tour sera pour les génisses de 2 ans qui ont déjà une année de pâturage et sont habituées au pré.

-Au troisième voyage nous chargeons 2 petites génisses d'un an qui semblent en forme et qui sont novices. A la sortie du camion , face à une luminosité aveuglante , à des bruits venant de toute part, produits par des volatiles jusque là inconnus, elles se retrouvent dans un environnement hostile et se mettent à courir jusque dans les fils de fer barbelés qui les arrêteront.

L'une d'elles aura fait le dur apprentissage de la prairie et en portera les stigmates sur la poitrine pendant un ou deux jours.

-Nous ferons le dernier voyage avec les 3 plus fragiles, le lendemain, et nous les introduirons dans un troupeau déjà apaisé, ce qui aidera beaucoup la transition, car les anciennes auront réussi à diffuser un sentiment de “calmitude” sur l'ensemble des animaux qui se comporteront dorénavant en troupeau.

A partir de maintenant, nous passerons tous les jours les voir au pré pour la surveillance et , pendant les 2 prochaines semaines, pour leur apporter du foin qui assurera la transition alimentaire. En effet, pour un ruminant, le changement de nourriture doit être progressif, pour que la flore microbienne ait le temps de se modifier , s'adapter à leur nouvel aliment humide et peu fibreux, afin de toujours faire travailler la panse.

Un ruminant en bonne santé doit RUMINER.

Lapalissade ?..... peut-être, en tout cas j'utiliserais quotidiennement cette évidence si j'étais conseiller en élevage.

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SEMAINE HORRIBILIS

Une semaine d'inquiétude à surveiller nos animaux en pleine infection pulmonaire,

Cela a commencé mardi dans l'écurie des petites génisses de 4-6 mois : perte d'appétit,toux et fièvre, jusqu'à 41° de température. Nous sommes en relation avec notre vétérinaire qui est à 8 kms que nous consultons par téléphone et où nous allons chercher les médicaments 1 à 2 fois par jour,

Il connaît très bien notre élevage et il nous avait formés( lors d'une journée hivernale-formation d'élève infirmier) - à observer , reconnaître et prodiguer les soins de base . Le râtelier rempli la veille au soir n'est pas vide, l'animal ne vient pas manger quand je distribue « la farine »(orge aplatie), les yeux de « chien battu », le flan creusé, la respiration rapide au début, puis bruyante ensuite, et puis apparaît la toux.

-1ère décision : il faut curer l'écurie mal ventilée dans les bâtiments anciens où les petites sont logées sur 50 cm de fumier (chauffage l’hiver, mais dégagement d’ammoniac lors des premières après-midi chaudes.

-2ème décision: nous n'utilisons plus la vieille paille d'avoine, de la même manière que nous écartons un foin poussiéreux récolté dans un pré humide après les pluies torrentielles du mois d’août de l'année dernière.

Nous ne cherchons plus à distribuer des aliments riches en énergie et en protéines, mais nous privilégions les foins verts et appétents. Un seul objectif : faire ruminer les vaches (je compte même les coups de mâchoire que donne la vache pour « mastiquer » un bol remonté du rumen (de la panse) , 50 coups , c'est bien.)

Tous les animaux de l'élevage vont avoir les mêmes symptômes plus ou moins graves. Il ne faut pas laisser la fièvre monter trop haut, pour certains , il faut intervenir à partir de 38°5, alors que pour d'autres, je n'interviendrais pas à 40°5. La décision d'agir se prend lorsque la bête mange peu de foin, mais surtout lorsqu'elle ne rumine plus.

Une injection sous-cutanée d’anti-inflammatoire d'abord, puis pour certains cas plus graves ce sera injection d'antibiotique.

Dimanche, j'ai bien cru perdre Fiorenza ….j'utiliserai alors,une très grosse dose d'antibiotique ; elle m'a fait du souci, mais aujourd'hui elle va bien !

Il faut dire que nous sommes sensibilisés depuis quelque temps à la résistance des germes aux antibiotiques dans la médecine humaine. En conséquence, de moins en moins de matières actives sont disponibles en médecine animale. En nombre et en quantité, mon élevage de 18 vaches aura mis en rupture de stock mon cabinet vétérinaire durant le W E, pour les 2 produits que j'employais.

-3ème décision / nous faisons une cure de vitamines A, D3, E, C ajouté d'extraits de plantes et d'huiles essentielles, pour sortir de cet hiver décidément bien long .

Nous ,qui intervenons plutôt en douceur sur nos animaux, je me souviendrai longtemps de l'entrée en ce printemps 2015.

Une question reste toutefois en suspens dans mon esprit : y a t-il un rapport avec cette pollution de l'air aux particules fines ? Pollution que nous subissons au plus haut niveau, dans l’Yonne, depuis environ une semaine….

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Mardi 17 mars

Des nouvelles de Lucien

La CIALYN, notre coopérative chargée de conduire les veaux mâles dans d' autres exploitations pour l'élevage, est passée lundi après-midi. A la vue du léger boitillement de Lucien, le chauffeur a décidé de reporter le transport pour la semaine prochaine.

Au vue de la petite vidéo ci-dessous, je vous laisse juger de son état de santé.

Vendredi 13 mars 2015 ou le devoir de transmettre

Et voilà dernier jour de stage pour Pascaline,il faut se quitter après deux semaines de partage et d'échange- moment de remerciement et d'émotion

Mais déjà nous évoquons nos retrouvailles à la fin juin pour trois nouvelles semaines de travaux à la fromagerie et aussi dans les champs où nous finirons la fenaison et débuterons la moisson.

Du pain sur la planche,car nous nous sommes engagés à obtenir le Bac , avec elle! Alors rendez-vous en juin 2017.

Un entretien avec sa famille venue la chercher à 19 h 00, pendant lequel ses parents me faisaient part de leur doute quant aux débouchés de cette formation pour une fille qui n'est pas issue du milieu agricole. Je leur exprimai mes inquiétudes de voir si peu de jeunes motivés par l'élevage de vaches laitières. Alors je prends conscience du devoir qui nous incombe de transmettre notre passion de ce métier qui disparaît petit à petit dans notre région.

Merci Pascaline de nous rappeler à notre devoir de transmettre.

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Entre tradition et modernité

Il faut savoir piloter la brouette de l'arrière grand-père tout aussi bien que le tracteur quatre roues motrices pour porter le foin aux vaches.

Mais pour ceux qui ont passé une semaine devant la plus grande ferme de France, le Salon de l'agriculture, je précise que les robots, de traite et d'alimentation, n'ont pas encore trouvé leur place ici.

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Ce que nous retiendrons de cette semaine 10 sera la sortie du yaourt à la vanille.

Simplement du lait ,des yaourts pour ensemencer en ferments, du sucre de canne bio et des gousses de vanille. What else !

Proposé à la vente ce vendredi 13 mars, nous verrons bien ce qu'en pensent nos clients.

L'activité de la stagiaire pour cette semaine est plus orientée vers l'élevage et les travaux dans les champs.

Pour les travaux dans les champs il faut profiter des « fenêtres » météo. Nous nous aidons de la prévision sur le site internet de « Pleinchamp ».

Nous prenons également en compte la disponibilité du matériel que nous possédons en commun avec les voisins agriculteurs qui sont associés du GAEC du Château.

Je m’étendrai à un autre moment sur cette manière de travailler qui demande des précisions ; toute une histoire...

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Vous souhaitez réagir:   gaecdurelais.vincelles@orange.fr

Mardi 10 mars

Si nous n'apportons pas d'engrais sur les surfaces fourragères, les champs cultivés pour la vente de grains- colza,blé,orge,avoine et pois- sont conduits de manière conventionnelle.

Nous faisons appel à la méthode des bilans , majoritairement enseignée dans les écoles d'agriculture et largement diffusée par les techniciens des entreprises privées comme des coopératives pour notre cas particulier.

Les grains que nous récoltons ,exportent des éléments minéraux du sol, tels l'azote, le phosphore, la potasse, le soufre. Nous devons donc remettre dans le sol ces mêmes éléments pour ne pas épuiser la terre, il faut équilibrer le bilan entre sortie et entrée dans le sol.

Le fumier fait partie des engrais organiques que nous utilisons pour enrichir la terre, mais l'importance de notre élevage ne produit pas assez de bouses pour fertiliser toute la surface.

C'est pourquoi, nous “complémentons” en apportant des engrais minéraux qui sont extraits de carrières et passés par l'industrie chimique qui les met en forme de granulés pour la facilité de manutention, de transport et d’épandage.

Aujourd'hui, avec Pascaline, nous épandons un « bulk », mélange de deux engrais, la kiesérite et le super potassique sur les cultures de colza.

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Lundi 9 mars

L'attention du jour est portée vers les prairies. A la mi-mars c'est l'époque où les génisses et les vaches taries sortent au pré. Nos pâturages se situent à 1 km de la ferme, bordés par le canal du Nivernais d'un côté et l'Yonne de l'autre, au lieu-dit « Le Perthuis ».

L’îlot de 14 ha est divisé en six parcelles. Je fais le tour du premier pré avec la boite de crampillons, mais peu de réparation,c'est vite fait. En revanche, marcher le long de la clôture me fait prendre conscience qu'il n'y a pas beaucoup d'herbe. Il faut dire que les dernières vaches et la jument ont quitté ces mêmes pâtures vers la mi-février.

Après réflexion, nous décidons de retarder la mise à l'herbe cette année et de toute façon nous avons encore du foin sous le hangar.

Nous prenons ainsi le temps de passer la herse sur ces prés pour détruire la mousse et aérer les racines.

Nous allons chercher une remorque de paille au hangar et Pascaline conduit le tracteur . Elle se débrouille plutôt bien, je ne m'attendais pas à ce qu'elle maîtrise aussi bien le tracteur à sa première prise en main.

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Vendredi 6 mars

Jour de visite du prof principal de Pascaline qui fait le déplacement spécialement depuis Châtillon/Seine.

La journée commence donc de bonne heure, à 6 h 00 , la lumière est déjà allumée lorsqu’elle arrive.

Aujourd’hui, fabrication de yaourts : mise du lait à pasteuriser, refroidissement et stabilisation à 40 °C en présence des ferments ajoutés pendant cette phase avant de faire la mise en pot manuellement. Deux bras remplissent pendant que les deux autres posent correctement le couvercle et remplissent les caisses qui sont glissées, au fur et à mesure, dans l’étuve.

Avec une petite quantité de lait dans l’ancien pasteurisateur, un essai est mis en place pour des yaourts aromatisés à la noix de coco. Il faudra attendre ce soir pour goûter.

A peine le temps de finir que le prof est déjà là. Il doit passer par le S A S d’entrée et enfiler une blouse pour pénétrer dans la salle de fabrication. L’hygiène ne fera pas exception cette fois encore.

Sa visite sera brève. Prise de notes sur la structure de l’exploitation et les différentes productions, il veut s’assurer de la ponctualité, de l’écoute, du comportement,de l’intérêt et de l’intégration de Pascaline immergée dans le milieu professionnel.

Pas de surprise avec les aptitudes qu’elle montre à l’école. Ici, elle a tous les éléments pour réussir, la balle est donc dans son camp. 

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Jeudi 5 mars

Aujourd'hui, petit accident dans la "stabul", Lucien s'est fait bousculer par une vache qui se précipitait aux cornadis lors de la distribution du foin ; bilan une grosse boiterie.

C’est impressionnant sur un petit animal comme cela.

Je lui ai fait avaler une ampoule de "Traumasédil", médicament homéopathique genre arnica, et le coup reçu ne semble pas lui avoir coupé l’appétit.

Je l'ai observé couché à divers endroit de la stabul toujours le ventre bien rempli.

Evidemment ce n’est pas aujourd’hui qu’il sautera comme un cabri dans la paille fraîchement répandue lorsque les laitières sont  occupées à manger le foin distribué après la traite.

Mercredi 4 mars 2015

Le travail du jour est le curage de la “stabul” , autrement dit la sortie du fumier de la stabulation qui s’est accumulé depuis 3 semaines. En effet tous les matins nous faisons la litière ; cela consiste à dérouler et écarter manuellement une balle ronde de paille dans la stabulation où se couchent les vaches laitières ; c’est le système de la litière accumulée et on doit sortir ce qui est devenu le fumier, toutes les 3 ou 4 semaines.

Il ne faut pas faire cela un jour précédent une période de grand froid puisque nous sommes conscients que nous retirons le chauffage au sol de nos vaches et plus particulièrement des petits veaux qui ont besoin de plus de chaleur.

De toute façon, pour prévenir le changement de la température ressenti lors de l’enlèvement du fumier, nous ferons un premier paillage trois fois plus fourni. 

Le tracteur ne fait pas tout le travail, il  faut prendre la fourche et Pascaline ne rechigne pas à la tâche.

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mardi 3 mars

Arrivée de la stagiaire

Pascaline, élève de seconde au lycée de La Barotte (Côte-d'Or) arrive pour un stage de 2 semaines sur notre exploitation.

Jeune fille n'obtenant pas de bon résultats scolaires en classe de 4 ème, elle est orientée pour sa 3ème au lycée agricole de La Brosse, sur l'avis de sa professeure principale.Là, elle se découvre une passion pour les animaux , notamment après avoir élevé une bande de chapons lors de travaux pratiques .

Arrivée à 8 h 00,elle prend la fabrication de la tomme en cours: tranchage du caillé , malaxage dans la cuve puis moulage.

Un test qui ne trompe pas, elle aime le goût des grain de caillé.

Cela devrait bien se passer.

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Lundi 2 mars

Ça y est Lucien, le veau né hier, porte sa carte d'identité à l'oreille. Il reste toujours sous la surveillance de sa mère et il pratique la tétée en libre-service.Notre " travail" est de l'observation: est -ce qu'il tète et fait son caca?

Pour respecter la réglementation ,nous avons 7 jours pour déclarer la naissance .Nous l'avons posté au courrier ce matin, adressé au service d'identification Alysé, basé à Migennes.

Le lundi est le jour de l'ouverture du magasin à la ferme.Les grands-parents sont accompagnés de leurs petits enfants en cette 2 ème semaine de vacances d'hiver.Je crois que les yaourts et , à voir le sourire malicieux des petites filles, les desserts au chocolat auront la préférence du jour.

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Dimanche 1er mars,naissance d'un veau mâle  à 11 h 30.

Première tétée à 18 h ,après une mise en bouche à l'aide d'un biberon pour lui déclencher le réflexe de succion , je lui mets le nez à la tétine de sa mère.A partir de ce moment là,il saura la retrouver à tout moment et,bien sûr nous ne contrôlons plus la quantité de lait ingéré.

Là, il faut plutôt parler de colostrum car c'est le premier lait produit par la mère fraîche vêlée,très riche en anticorps.Entre aliment et médicament, ingéré au plus tôt,le nouveau né pourra résister aux germes et virus ambiants.

Une fois repus, Lucien peut s'endormir sous la surveillance de sa mère.

Habituellement les mâles qui naissent chez nous portent une identité sous forme de numéro; pour lui: 5248, fils de Disette .C'est pour répondre au questionnement de Justine, 10 ans, venue faire la traite du soir que je lui ai attribué un nom commençant par un L cette année, pourquoi pas Lucien?

Comme c'est un mâle , nous  le garderons  15 jours dans la stabulation  auprès de sa mère, avant que la coopérative vienne le chercher pour le conduire dans une autre ferme.

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