Mardi 31 mai

Le débit de l’eau

A 6 heures : 19 mm d’eau dans le pluviomètre (en 24 h), il n’est tombé que 5 mm cette nuit. La rivière est dans son lit. Au pré, les génisses sont encore couchées- elles se sont donc reposées. Au Perthuis l’eau de l’Yonne déborde et traverse la route.

8 h 30, la pluie redouble, encore 5 mm, le niveau de l’eau monte. Je porte une balle de paille de pois sur un point haut du pré, proche du canal dont la berge surplombe d’un mètre. Si c’est nécessaire, nous ouvrirons la clôture pour laisser les vaches se réfugier au bord du canal.

Je vois le maire du village dans la matinée et lui fais part de notre préoccupation. Il doit me prévenir de l’heure attendue du pic de cette crue.

13 h 30 : un message de la préfecture sur le répondeur téléphonique m’informe que le pic est attendu dans la nuit prochaine. Même s’ils ne savent pas où sont situés nos prés, ils conseillent de rentrer les animaux à la ferme.

15 h 00 : la vidéo suit ….

jeudi 19 mai

Aujourd’hui, deux faits à retenir, qui ne sont pas du tout de la même ampleur, l’un aux répercutions locales, l’autre aux conséquences beaucoup plus importantes.

  • -Depuis le début de ce mois, l’accumulation de pluviométrie atteint déjà 100 mm (100 l/m2). Assez rare le dépassement de ce seuil, je me souviens survenu en 2013 et 1988. Quelles conséquences sur les récoltes à venir ???
  • -Pas de majorité, en Europe, pour le renouvellement de mise sur le marché du Glyphosate (Roundup de Monsanto). Si cette décision aboutissait à l’arrêt de cet herbicide, la conséquence à terme serait le retour de l’emploi en agriculture. Le désherbage mécanique est beaucoup « plus gourmand » en Main d’œuvre. Un acte de courage de notre ministre qui va se mettre un peu plus à dos le monde agricole. Chapeau, Mr Le Foll

PS : Ma coopérative céréalière me proposait, voici une semaine, d’acheter ce désherbant avec une remise de 10 % !

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Voir les hirondelles revenir tous les ans se reproduire chez nous.

Ce dont elles ont besoin

Nourriture

Les moucherons dont elles se nourrissent vivent autour des vaches…

Présence d’éleveurs

Logis

De vieux bâtiments qui laissent apparaitre poutres et renfoncements en façade. Un sol en terre battue d’où elles tirent les matériaux de construction.

Encore plus nombreuse cette année…

Ode aux hirondelles

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jeudi 12 mai

Se fier à son nez

Depuis 2 ou 3 jours, lorsque nous écartons la paille dans la stabulation, nous sentons une légère odeur d’ammoniaque. La hausse du thermomètre combiné avec le retour de l’humidité (ajouté à l’urine abondante) fait de la litière un terreau idéal à la fermentation. Avant que cela ne devienne préjudiciable à la santé des mamelles, je décide d’avancer le curage de quelques jours. Effectivement, aujourd’hui, je sors un fumier humide fort odorant.

Quelquefois il faut se fier à son nez

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mercredi 11 mai

Ration équilibrée

Les vaches laitières sont en régime de transition alimentaire avec du foin toujours disponible à volonté dans un râtelier et de la jeune luzerne (associée au dactyle) très riche en protéines.

Le taux protéique du lait a gagné 2 points, il est passé à 34 en moyenne sur le troupeau (puisque chaque animal a un taux qui lui est propre).

Le taux d’urée mesuré dans le lait a doublé, il est passé à 260, ce qui est considéré comme un objectif moyen (normal) pour les techniciens en élevage. La ration est considérée comme équilibrée.

De la même manière que l’éleveur est attentif à la transition alimentaire, la fromagère doit être vigilante au comportement du lait lors de la transformation fromagère. Le changement de composition (matières) du lait nécessite un ajustement de la fabrication laitière, notamment pour les yaourts.

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mardi 10 mai

Revenus, impôts, 18 mai

C’est notre comptable qui remplit notre déclaration de revenus, cela fait partie de ses attributions. Cette année le changement de statut d’un associé nous oblige à passer par la forme papier et donc à respecter le délai imparti, avant le 18 mai.

Rendez-vous est pris en début d’après-midi, chacun passe à son tour comme au confessionnal, la déclaration de revenus reste du privé.

Le calcul de l’impôt est effectué sur la moyenne des revenus des trois dernières années et bien que nous fassions un meilleur résultat en 2015, nous paierons moins d’impôts cette année.

Le comptable remplaçant maîtrise bien son sujet et nous sommes admiratifs devant la simplicité qui résulte de la complexité du sujet traité : chapeau !

En fait, nous gardons un très bon souvenir de tous les comptables qui ont travaillé chez nous. Aujourd’hui, j’apprends qu’ils travaillent encore tous dans ce même centre de gestion. La stabilité du personnel de cette entreprise laisse transparaître une sérénité … Voilà sans doute pourquoi nous nous y sentons si bien et que nous avons hâte de retrouver Adeline, notre comptable actuellement en arrêt maladie.

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mercredi 4 mai, l’aubépine sur le point d’entrer en fleur annonce la fin des gelées.

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Mardi 3 mai où il faut reprendre ce qui a été fait lundi 2 mai.

Réparer une roue de tracteur crevée, coller une rustine sur un petit trou mais pincer la chambre à air au remontage. Dans cette opération nous avons cassé notre appareil à décoller de la jante ce pneu particulièrement rebelle…

P…. de pneu

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vendredi 29 avril

Le dernier vendredi du mois laisse peu de temps pour notre réunion d’associés, sur un point de livraison, Audrey doit attendre ses clients pour le règlement mensuel. Dix minutes pour se sustenter afin de dégager du temps pour parler, ainsi va la vie du GAEC.

  • -Aujourd’hui nous commençons par fixer la prochaine date de réunion, sujet qui passe régulièrement à la trappe.
  • -Le point est fait sur le projet de pose de panneaux publicitaires sur la route ; deux de 1 m x1, 50 m sont autorisés disposés à 5 m en retrait de la chaussée, nous souhaitons implanter nos panneaux avec l’accord de la DDT. Il se trouve que la personne en charge du service est une de nos clientes, belle surprise ! Nous attendrons néanmoins le retour de congés de son collègue « spécialiste » pour lui présenter nos propositions. Audrey est chargée de faire le graphisme du projet. Nous verrons à partir du 17 mai.
  • -Nous faisons le bilan de notre recherche d’associé, les courriers, relances de mail et les contacts. Nous ne voulons pas passer à côté d’un candidat potentiel, nous faisons sauter le critère « limitant » l’âge. En effet nous avions fixé la limite à 40 ans car au-delà il n’y a plus d’aide accordée à l’installation et plus de prise en charge du « contrat d’essai de six mois » qui couvre la période d’observation et de passage de relais. Si le cas se présente, il faudra trouver une solution…
  • -Nous décidons de contacter les lycées agricoles et de les informer de notre recherche. Nous pensons également diffuser une annonce dans l’hebdo « France agricole »                                 Haut de page

mercredi 27 avril

Pain protéiné

Aujourd’hui nous réalisons le troisième apport de solution azotée sur la culture de blé. Au stade 2 nœuds de la céréale –l’épi se trouve à hauteur du 2ème nœud dans la tige, soit une quinzaine de centimètres du sol- cet apport contribue à augmenter la teneur en protéine du blé.

Le taux de protéine de la graine de blé est un critère de qualité mis en avant depuis quelques années par notre coopérative sous la pression des meuniers.

Pourtant quand je vais acheter mon pain, le boulanger ne semble pas connaître l’importance de ce taux…

En tous cas, aujourd’hui, nous consommons du pain protéiné.

PS : nous récoltons du blé entre 9 et 13 % de protéine, en dessous de 11,5% une diminution est appliquée sur le prix de vente et au-dessous une majoration.

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mardi 26 avril

Sortir de l’inquiétude de mettre en vente un fromage qui n’est pas à son goût

Un souci, une contamination du lactosérum qui ensemence (apport de ferments) le lait et le caillé gonfle (présence de petites bulles d’air dans le caillé) : le fromage blanc a une consistance granuleuse et n’a pas bon goût.

Conséquence, on ne peut donc plus « repiquer »

Le repiquage consiste à prélever du lactosérum dans le bac de lait caillé juste avant le moulage, le conserver en chambre froide et l’incorporer dans le prochain lait à température de 20 °C une dizaine d’heures avant l’emprésurage.

Puisqu’on ne peut plus utiliser les ferments naturels il faut recourir aux ferments en poudre que l’on achète. La conséquence immédiate est que le fromage est fade, moins goûteux, il perd la typicité lié à notre élevage. Heureusement cela ne dure pas, après quelques repiquages, Audrey retrouve son fromage.

Ouf ! Aujourd’hui on peut sortir de l’inquiétude de mettre en vente un fromage qui n’est pas à notre goût.

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mardi 12 avril

En copie, le courrier que j’adresse au syndicat qui est à l’initiative d’une réflexion sur l’éleveur de demain, ou l’on peut se reporter à la chronique du 25 février, avec un peu de malice…

Au président des JA de l’Yonne

Monsieur,

Vous réfléchissez à l’installation d’un jeune éleveur sur le périmètre de la Plaine du Saulce pour valoriser des surfaces en herbe.

Nous sommes un GAEC à trois associés, nous élevons 18 vaches laitières alimentées uniquement à l’herbe et au foin et nous sommes à la recherche d’un successeur pour remplacer un départ à la retraite.

Avec ce courrier je vous informe que nous accueillerons un jeune éleveur qui souhaite cultiver et récolter l’herbe, élever et traire les vaches, transformer le lait dans notre fromagerie construite depuis moins de deux ans.

Je ne doute pas trouver une oreille attentive auprès de votre syndicat, soucieux de l’installation des jeunes.

Je vous prie de recevoir mes sincères salutations.

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vendredi 8 avril

Loyauté

Aujourd’hui nous faisons une proposition à F M, candidat au remplacement de notre associé qui s’apprête à partir à la retraite : un stage à l’installation de six mois qui pourrait commencer dès le mois prochain.

Nous sommes prêt mais pas le candidat.

F M marié et père de deux jeunes enfants, après mûr réflexion, préfère privilégier une installation en famille. Travailler la ferme avec sa femme auprès des enfants eux même passionnés par les animaux. Une expérience heureuse vécue en Limousin qui s’est soldée par un échec ne doit pas faire oublier les grandes joies partagées en famille au milieu des animaux.

Tirer les leçons de l’échec

Ne pas s’engager sur une mauvaise voie.

Ne pas oublier l’essence du projet.

Des choix à faire qui marque une vie d’Homme

Je ne peux qu’encourager FM, homme loyal, de peaufiner un projet cohérent

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Mardi 5 avril

Vive 2017

Nous préparons la récolte 2016 et il nous faut déjà penser à 2017.

Ce matin, visite des voisins avec qui nous assolons en commun. J P a commencé à enregistrer la déclaration PAC 2016 (ouverte du 01/04 au 17/05) et se trouve confronté au respect d’une proportion de 7% de SIE (Surface d’Intérêt Ecologique).

Ne pouvant réaliser ce ratio avec les cultures principales 2016 déjà en place, il peut complémenter par les cultures intercalaires mises en place avant les cultures principales implantées au printemps 2017

Voila donc l’objet de sa visite. Connaitre nos projets de culture 2017 pour savoir quels seront les champs qui pourront porter les cultures intercalaires.

Il faut également prévoir les graines récoltées cet été qui pourront nous servir de semence.

Les grandes lignes qui se dégagent pour l’année prochaine

  • -Diminution par 2 des surfaces de colza
  • -Retour en force des cultures de printemps 

lundi 4 avril

Née le 11 décembre notre petite femelle n’a pas eu de chance, elle sera victime de la conjoncture.

Sortie par l’arrière (siège chez la femme) elle sera d’abord victime d’une « sortie » de nombril – intervention du véto pour remise en place et procéder à quelques points de sutures.

Elle conservera un gros nombril.

Dans une conjoncture de fermeture des frontières au commerce de bétail suite aux cas de FCO découvert à l’automne sur quelques animaux – les cours sont au plus bas.

Hervé, notre acheteur (chevillard, maquignon, commercial) qui connait bien le marché ne peut pas commercialiser notre petite femelle autrement que sur le circuit de l’engraissement (pour la viande de veau).

Dans ces conditions, nous avons choisi de l’engraisser pour nous.

Laissée 4 mois au pis de sa mère Hippie qui lui gardera tout son lait (montée en salle de traite, elle ne donnera pas une goutte de lait à la machine) nous la conduisons à l’abattoir de proximité.

Nous récupérons la carcasse et abats, partageons la viande, escalopes, côtelettes, rôtis, blanquette avec la famille.

Le plaisir de consommer le fruit de son travail et de le faire partager avec ses proches.

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Vendredi 1er avril

De l’eau dans le lait

Après chaque traite l’installation est lavée. De la même manière qu’un lave-vaisselle, un programmateur de lavage automatise les trois cycles successifs de prise d’eau (tiède, chaude, froide), de produit lessiviel et du temps de circulation d’eau dans le circuit du lait dont le frottement assure la fonction abrasive à l’intérieur des tuyaux.

Cette opération s’effectue en circuit fermé lorsque le trayeur a branché la canne à lait sur l’installation de retour, dédié uniquement à cette fonction de lavage.

Le bouclage est l’opération qui consiste à retirer le tuyau souple d’arrivée du lait (entrée du tank) et à le visser sur le circuit de retour au bac de lavage.

Par distraction ou par dérangement lorsqu’une personne vient « perturber » le trayeur, l’opération de bouclage en fin de traite est oubliée. C’est alors que ce produit la « catastrophe », l’eau du lavage se mélange au lait.

Nous somme trois trayeusr et cet oubli est arrivé à chacun d’entre nous.

Résultat :

  • -Ouvrir la vanne du tank et déverser le lait à l’égout.
  • -Prévenir le responsable du fonctionnement de la station des eaux usées (le maire du village), le lait étant un élément perturbateur au bon fonctionnement des installations*.

Aujourd’hui, donc 220 litres de lait sont partis à l’égout !

*Faisant partie de nos engagements pris au travers d’une convention nous liant avec la commune qui a bien voulu accepter les rejets de la laiterie et de la salle de traite.

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vendredi 1er avril

Donner du temps pour préparer l’avenir

18 h sur cette semaine de 4 jours

6 h est le temps que chacun des associés du GAEC a consacré à recevoir, écouter et aussi parler des évolutions souhaitables pour notre exploitation.

Rappel

-nous souhaitons maîtriser la production de l’herbe, des aliments pour nos vaches – autonomie alimentaire.

- nous souhaitons récolter le lait de nos vaches qui sont nées à la ferme (pas d’achats extérieurs).

- nous souhaitons développer la transformation laitière initiée il y a 2 ans.

Cette semaine nous avons accueilli 2 candidats à l’installation. Nous devons étudier ces candidatures la semaine prochaine car pendant les quinze jours suivants rien ne pourra être décidé en raison des congés d’un associé.

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